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<title>Instructions sur les principales vérités de la religion</title>
<author key=" Drouas de Boussey, Claude (1712-1773)">Claude Drouas de Boussey</author>
<editor key="Lecercle, Doranne">Doranne Lecercle</editor>
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<edition>OBVIL</edition>
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<name>François Lecercle</name>
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<name>Clotilde Thouret</name>
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<publisher>Sorbonne Université, LABEX OBVIL</publisher>
<date when="2019"/>
<idno>http://obvil.sorbonne-universite.fr/corpus/haine-theatre/drouas_instructions_1787/</idno>
<availability status="restricted">
<licence target="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/fr/"><p>Copyright © 2019 Sorbonne Université, agissant pour le Laboratoire d’Excellence «
Observatoire de la vie littéraire » (ci-après dénommé OBVIL).</p>
<p>Cette ressource électronique protégée par le code de la propriété intellectuelle
sur les bases de données (L341-1) est mise à disposition de la communauté
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3.0 France (CCBY-NC-ND 3.0 FR) ».</p>
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<p>Pas de Modification : l’OBVIL s’engage à améliorer et à corriger cette ressource
électronique, notamment en intégrant toutes les contributions extérieures, la
diffusion de versions modifiées de cette ressource n’est pas souhaitable.</p></licence>
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<author>Claude Drouas de Boussey</author>
<title>Instructions sur les principales vérités de la religion</title>
<date>1768, rééd. 1787</date>
<biblScope>p. 142-146</biblScope>
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<date when="1768"/>
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<language ident="fre"/>
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<body><div type="frontispiece">
<head rend="sc">[frontispice]</head>
<p rend="center">INSTRUCTIONS<lb/> <hi rend="sc"><hi rend="i">sur les principales</hi></hi><lb/> <hi rend="uc">vérités<lb/> <hi rend="i">de la religion</hi></hi><lb/> <hi rend="sc">
et sur les principaux<lb/> devoirs</hi><lb/> <hi rend="uc">du christianisme</hi><lb/>
<hi rend="i">Adressées par <hi rend="sc">Monseigneur</hi> l'Illustrissime et<lb/> Révérendissime Évêque, Comte de Toul,
Prince<lb/> du Saint Empire, au Clergé Séculier et aux Fideles<lb/> de son Diocese,</hi><lb/><lb/>
<hi rend="i"><hi rend="sc">A Rouen,</hi></hi><lb/> Chez la Veuve de <hi rend="sc">Pierre Dumesnil</hi><lb/>Imprimeur Libraire, rue de la Chaîne.<lb/>M. DCC. LXXXVII<lb/><hi rend="i"><hi rend="sc">Avec Permission</hi></hi></p>
</div>
<div type="chapter" >
<pb n="142"/><head>CHAPITRE LII. <hi rend="i">De la Comédie et des
Spectacles ?</hi></head>
<p>I. Si la comédie se bornait à représenter, avec décence, des exemples édifiants,
ou les actions mémorables des grands hommes, elle ne serait point condamnable ;
mais ce n’est point là ce qu’on y voit. Tout ce qui est capable de réveiller les
passions, d’exciter <hi rend="i">la concupiscence de la chair et des yeux,
et l’orgueil de la vie</hi>, s’y réunit. Car, <pb n="143"/>sans parler du
concours et des rendez-vous de la jeunesse de tout sexe, à qui la comédie est
une occasion de désordre, jugeons de la comédie par ses circonstances et par
les sujets qui y sont représentés.</p>
<p>1. Les circonstances et l’appareil de la comédie, les décorations agréables et
enchantées, la vue des Actrices, leurs parures, leur enjouement, leurs voix
insinuantes, les airs tendres et passionnés des Acteurs, les tours délicats sur
la pudeur et l’amour profane, les traits satiriques, lâchés en passant sur la
vertu ; tout cela ne fait-il aucune impression sur les cœurs ? Si on a peine à
résister à ces impressions étant seul, y résistera-t-on dans la dissipation du
spectacle ?</p>
<p>2. Quant aux sujets qui sont le fond et la base de la comédie, sans compter
les bouffonneries, les extravagances, les sauts et les gestes dissolus ; ces
femmes et ces Acteurs qui exposent leur vie en se balançant, en voltigeant
indécemment sur des cordes, que voit-on dans le reste, qu’une peinture des
passions, plus propre à les exciter qu’à les éteindre.</p>
<p>Tantôt une intrigue de galanterie, une maîtresse affligée, un rival supplanté,
une femme jalouse, un mari dupé. Tantôt des satires piquantes et malignes sur
les différents états. D’autres fois des aventures tragiques, des trahisons, des
fourberies, des combats, des vengeances méditées, des projets ambitieux,
exécutés avec succès, une conspiration, des cruautés exécutées avec fureur,
quelquefois même la Religion, les Personnes sacrées et les Puissances tournées
en ridicule, etc.</p>
<p>En vérité, un Chrétien se peut-il croire innocent dans le plaisir qu’il prend à
voir, à entendre ce qui excite en lui tant de passions différentes ? Et, quand
il serait sans passion, lui est-il permis <pb n="144"/>de voir avec danger,
et d’aimer avec complaisance les représentations des choses qu’il doit
détester ? Dieu qui, par la sainteté de sa Loi, nous ordonne de <hi rend="i"
>veiller en tout temps</hi> sur nos sens, sur notre esprit, et sur notre
cœur, pour en écarter les représentations et les pensées dangereuses, qui
fera rendre compte d’<hi rend="i">une parole inutile</hi> et des moindres
dépenses superflues, peut-il approuver des spectacles qui remplissent l’esprit
et l’imagination de tant d’objets vains, ridicules et séduisants ? Peut-il
approuver qu’on y emploie un argent dont on devrait soulager tant de pauvres
familles qui gémissent dans l’indigence ?</p>
<p>II. Le monde cependant prétend avoir de grandes raisons pour les autoriser. La
comédie, dit-on, est utile : elle déclame contre le vice autant que les
Prédicateurs. Quelle indignité, de mettre le théâtre en parallèle avec
l’Evangile, et de comparer la parole d’un Comédien avec celle de Dieu ! La
comédie, il est vrai, rend le vice ridicule ; mais elle ne le rend pas odieux :
elle en fait rire, mais elle ne le fait pas pleurer. Elle inspire la ruse, la
défiance, le mépris d’autrui, la satire, non la charité ; elle a fait commettre
des millions de péchés, et jamais elle n’en a fait détester un seul.</p>
<p><hi rend="i">Vous prêchez contre la Comédie</hi>, me dit un jour un homme qui
avait été parmi les Acteurs sur le théâtre, <hi rend="i">vous avez bien raison :
elle fait commettre cent fois plus de crimes que vous ne pouvez
imaginer.</hi> Les fruits qui croissent sur les bords du lac de Sodome
paraissent d’une beauté charmante ; mais aussitôt qu’on les touche, ils tombent
en poussière et répandent une infection insupportable. Tels sont les fruits de
la Comédie ; en s’évanouissant, ils répandent dans l’âme un air contagieux.</p>
<p>Mais, dira-t-on, je n’y vais que par divertissement, je n’y ai jamais eu ni
mauvaises pensées ni <pb n="145"/>tentations. Vous vous trompez. Etourdi par
l’enchantement du spectacle, vous n’avez pas connu ce qui se passait en vous.
Dans le saint lieu même souvent vous avez eu des tentations : comment n’en
auriez-vous pas à la comédie ? Vous avez pensé dans ces spectacles aux objets
que vous y voyiez, et à ce qu’on y disait ; vous en sortiez avec un esprit
rempli d’idées profanes qui vous ôtaient le goût des choses de Dieu et de vos
devoirs, qui vous dissipaient jusques dans vos prières. D’ailleurs le plaisir de
voir, d’entendre, de goûter ce qui agitait en vous tour à tour différentes
passions, ne sont-ce pas autant de tentations ? S’il vous faut quelque
divertissement, faites comme d’autres, qui, sans aller aux bals et à la comédie,
savent se divertir innocemment.</p>
<p>Mais, ajoute-t-on, S. François de Sales ne condamne pas les danses
et les spectacles. Cela est faux. Loin d’approuver ces sortes de
divertissements, il a écrit tout ce qui est capable d’en faire connaître le
ridicule, le danger et le venin. Ce grand Saint, à la vérité, en faveur de
ceux qui dans certaines conjonctures, qui sont rares, se voient comme forcés de
s’y trouver, prescrit des précautions pour y conserver l’innocence ; mais il ne
plaît pas aux gens du monde de les prendre, ces précautions ; ils ont donc
mauvaise grâce d’autoriser les danses et les spectacles, par le témoignage de
ce saint Evêque.</p>
<p>N’alléguez point, qu’étant lié avec le monde, vous ne pouvez vous dispenser de
faire comme les autres, ni vous passer de ces sortes de divertissements. S.
Augustin vous répondra que bien d’autres, plus distingués et meilleurs que vous,
s’en dispensent et s’en passent. Pourquoi ne pourriez-vous pas faire de même ?
« <quote>Nunquid delicatior es illo Senatore ? Tu non potes ? Ille
potuit.</quote> »</p>
<p><pb n="146"/>Il faut donc, ajoutez-vous, vivre comme des solitaires et des
misanthropes. D’ailleurs, ne vaut-il pas mieux aller à la comédie et au bal,
que de faire plus de mal ? un pareil discours dans la bouche d’un Chrétien, est
un raisonnement insensé, qui ne mérite pas qu’on y réponde : « <quote>Ne
respondeas stulto<seg type="exquote">, dit le Sage,</seg> juxta stultitiam
suam</quote> », Prov. 26.</p>
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</text>
</TEI>